Que me reste-t-il ?

Que me reste-t-il ?



Que me reste-t-il ?
Que me reste-t-il depuis la coupure de ce fil
Sur lequel imbécile
Je vivais mon destin vil
Que me reste-t-il ?
Un esprit immobile et fébrile
Qui se mutile par tous mes cris futiles
Que me reste-t-il ?
Des pensées inutiles ?
Des mains malhabiles
Dépendantes d'un facile deal ?
Que me reste-t-il ?
Seul sur cette île
Seul dans cette ville
Docile et hostile
Je pars en exile
Loin d'un domicile trop gracile
Que me reste-t-il ?
Une bile qui effile
Mes rêves stériles ?
Que me reste-t-il ?
Ce débile évangile
Qui dès les premières lignes m'horripile ?
Que me reste-t-il ?
Un piètre profil
Une image de fossile peu viril
Que l'on faufile direct à l'asile ?
Que me reste-t-il ?
Des nuits volatiles qui désopilent
Tous mes songes subtils
Que me reste-t-il ?
Un amour délébile
Qui enfile sa tenue infertile ?
Que me reste-t-il ?
Une vie en argile difficile et fragile
Noyée dans une mort puérile
Qui jubile, qui déjà, m'assimile...
Que me reste-t-il ?



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Sylvain/Octobre 2007
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# Posté le lundi 14 janvier 2008 10:27

Amusement

Amusement





Eau douce, heures s'élevant ardemment sous l'emprise sonnée
Ô douceur, c'est le vantard amant saoulant emprisonné
Le plus maudit l'habite ! Ô gare à vous demoiselles !
Le plumeau dit "la bite" au garde à vous, deux mois zèle !



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Sylvain/Septembre 2007

# Posté le lundi 14 janvier 2008 10:20

Joyeux Noël

Joyeux Noël



A cette période, j'ai souvent la même chose
Une ignorance de passants joyeux
Et une âme devenant toujours morose
Je hais Noël et ces grands jours heureux

A nouveau, des hommes habillés en orange
Viendront me voir pour me réconforter
Pour m'emmener dans un gymnase étrange
Je préfère mon chien, fidèle toute l'année

Laisse moi mourir de froid sous ce porche
Papa noël descendra pour m'éclairer
Avec sa majestueuse et fragile torche
Je pourrais être enfin désenchaîné

Il est comme il est mon carton, troué, affligeant
Et mon odeur, elle t'emmerde jusqu'à outrance
Je déteste Noël et tous ces bonnes gens
Pense à moi au sein de tes rires qui dansent...



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Sylvain/Décembre 2007
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# Posté le lundi 14 janvier 2008 10:14

Frasque nancéenne

Frasque nancéenne




Sous les néons de la blonde Lune,
la ville de Nancy s'illumine. Il doit être environ vingt-deux heures. Je n'ai
jamais possédé de montre. La journée, je me repère par la position du Soleil,
la nuit par mon état de fatigue. C'est assez étrange je l'admets, mais ma vie
entière est étrange. Nancy est ma ville natale, un berceau urbain assez
mystique lorsqu'on y grandit. J'aime ses rues, ses pavés, ses trottoirs plus ou
moins archaïques. La vieille ville demeure mon endroit favori. En effet, au-delà
de sa richissime histoire, j'apprécie surtout l'atmosphère y régnant puisqu'il
s'agit d'un rare espace qui n'est pas dévoré par l'oubli. Je parle de l'oubli
du temps. Les gens aujourd'hui ont oublié le passé, ceux-ci ne vivent que pour
le présent. Un présent rongé par la monotonie du travail, banalisant le
caractère naturel et individuel de chacun concernant la vie. Tout le monde
emprunte un chemin pré-tracé or ce sont eux-mêmes qui doivent écrire et vivre
celui-ci, non l'inverse. Je ne comprends pas et à dire vrai, j'ai des
difficultés à accepter ceci. Ils ont grandi au sein d'une éducation prônant la
fatalité et se résignent à croire que le quotidien n'est pas de leur ressort. Le
travail est nécessaire pour des raisons vitales, certes. Cependant, il ne doit
l'être pour des raisons spirituelles. Le seul travail dans la vie est de ne pas
être dévoré par la ressemblance des jours. Il est ardu. C'est pour cette raison
que je gagne ma vie en dessinant des caricatures. Effectivement, je souhaite
m'éloigner le plus possible de cette fourmilière errant entre bureaux,
chantiers, commerces et autres banques. Je ne suis qu'un terrien et ne possède
qu'un seul désir qui est celui de poursuivre mon destin, sous une seule
influence, la mienne. J'essaie de faire en sorte que ces paroles se transforment
en actes, jours après jours. Cela aussi est compliqué. Les gens croyant me
connaître me classent souvent au sein des « petits rebelles
éphémères » qui acquerront tôt ou tard une maturité pour se rendre compte
que l'existence n'est pas faite sans routine. Cette masse de population - trop
imposante à mon goût - possédant cette philosophie ont fait le choix de subir
la vie, c'est le leur. Ils ne saisissent pas que l'indépendance n'est pas
fatalement une utopie. Pour ma part, j'en ai la foi. C'est la seule d'ailleurs...

... Mais objectivement, je suis
comme eux, dans la masse et égocentrique...



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Sylvain/Septembre 2007

# Posté le lundi 14 janvier 2008 10:03

Sous le voile

Sous le voile





Sous une toile, un voile
J'y expire mes soupirs
Qui s'inhalent par mon mal
Que dire de mes sourires ?

J'observe avec verve
Mes songes qui s'allongent
Mes rêves qui d'une sève
Longent mes mensonges

Je lorgne ma besogne
Trépassée d'un passé
Qui rogne ma personne
Agacée et glacée

En partance, je pense
Aux éclats d'une voix
Dense qui me panse
Qu'ici-bas, n'est plus là...


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Sylvain/Décembre 2007
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# Posté le lundi 14 janvier 2008 09:58