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L'homme ne peut être franc.

L'homme ne peut être franc.
L'homme ne peut être franc.


Qui pense que la vie n'est dépendante que du propre sort qu'on lui accorde ? Nous ne sommes pas maîtres de nos existences, nous ne nous connaissons pas. Qui ose croire qu'il possède humainement ce qu'autrui n'a pas ? Si ces individus existent, ils n'ont de foi que les illusions qu'ils ont eux-mêmes façonnées. Personne ne se connaît, mais chacun est ce qu'il véhicule. Ne prenant pas le temps -ou tout simplement en ignorant- l'homme se berce dès la personnification de son esprit, dans un processus inconscient de construction d'images dont il pense les meilleures pour son épanouissement. Il effectue un tri involontaire de ce qu'il a vécu puis conserve ce qui l'a séduit pour l'exploiter et forger son être de ce qu'on pourrait appeler un caractère atypique. Nous édifions nos personnages grâce aux reconnaissances qu'effectuent autrui. Ensuite, nous demeurons seulement le reflet de nos émois, de nos sentiments, uniquement la caractérisation soudaine de ce que nous croyons être au moment où nous nous penchons sur notre personnage. Lorsqu'on ne réfléchit pas prioritairement sur le caractère atypique de nos propres esprits, états d'âmes, nous sommes différents. Nous semblons donc irréguliers quant aux pensées ainsi qu'aux qualificatifs définissant nos êtres singuliers. L'homme est lunatique, a son moral plus ou moins touché tout au long de sa vie. Pourquoi ? C'est justement ces déviances, ou plutôt cette non-maîtrise du caractère, que l'on tente toute sa vie d'inconsciemment sauvegarder, qui varie. La gestion de ce dernier est variable selon les périodes de son aventure humaine. L'animal, qui ne construit pas d'images de lui-même, ne souffre pas de ces irrégularités d'humeurs et de sentiments. L'animal est ce qu'il est et non ce qu'il croît être. L'homme ne peut être franc, puisqu'il ne l'est avec sa propre personne. C'est d'ailleurs un des aspects différenciant l'animal de l'humain : sa nature brute et sa construction inexistante de caractère. Lorsqu'on parle de chien agressif par exemple, il s'agit d'une erreur issue indirectement de la race humaine puisque le résultat de cette agressivité n'est que le produit des images construites par l'homme. Le chien ne se construit pas comme tel, il le devient dû au caractère atypique de son maître.
Il convient donc d'avouer la méconnaissance de la vraie nature humaine. Nul ne peut la découvrir, puisque même celui qui se penche davantage sur la question possède ses propres images qui fausseront la définition de l'état brut et naturel de l'homme. La frustration à ignorer l'intégralité de nos véritables sens est donc justifiée puisqu'aucun être sur cette planète n'est capable de dire qui il est, sans être influencé par ses images. Voilà donc une puissante amertume philosophique où la réponse ne peut être découverte et ce, jusqu'à la disparition de l'humanité.



Sylvain
01/02/09

# Posté le samedi 31 janvier 2009 19:31

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